Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le baiser de l'ouragan - Marine de Nicola

Aujourd'hui, j'ai envie de vous partager un portrait d'une jeune femme qui m'a marqué. Son nom ? Marine de Nicola..

C'est en allant sur Instagram que je suis tombée sur cette photo (à votre gauche). Et là..La légende de celle-ci me touche...

"Dehors, les heures passent, le monde tourne, les gens vivent. Et moi, je suis bloquée entre deux mondes, dans un espace où le temps n'existe plus et où plus rien ne compte. Fait-il jour ou nuit ? Je m'en fous, je me fous de tout. Plus rien n'a d'importance. "

Mais quelle drôle de coincidence, c'est exactement ce que je ressens actuellement !

 

Ainsi, j'ai pu découvrir cette jeune femme de 27 ans, en pleine rémission d'un cancer.

Curieuse, je suis allée sur son blog. Et là, je me suis directement retrouvée dans certains de ses mots, ses paroles, ses photos. (http://kiss-of-a-hurricane.com/).

Elle a même écrit un livre pardis ! Il faut absolument que je m'empresse de le lire. 

 

Le baiser de l'ouragan - Marine de Nicola

Voici une série de photos qui proviennent justement de son blog, ce ne sont pas mes photos mais elles sont très représentatives de certaines étapes de la chimiothérapie.

La perte des cheveux : grande étape dans la chimiothérapie

La perte des cheveux : grande étape dans la chimiothérapie

Tiens, ça ressemble à ma tête lorsqu'on m'a posé le picc-line !

Tiens, ça ressemble à ma tête lorsqu'on m'a posé le picc-line !

Tiens, ça me rappelle ma super machine à perfusions

Tiens, ça me rappelle ma super machine à perfusions

Ce superbe magazine de perruque qu'on vous propose à votre arrivée pour démarrer une chimio

Ce superbe magazine de perruque qu'on vous propose à votre arrivée pour démarrer une chimio

Lorsqu'on se retrouve avec une panoplie de médicaments qui sortent de je ne sais où

Lorsqu'on se retrouve avec une panoplie de médicaments qui sortent de je ne sais où

La salle d'attentes, chaques matins..

La salle d'attentes, chaques matins..

Oh tiens, cette femme de 24 ans chante, comme moi !

Oh tiens, cette femme de 24 ans chante, comme moi !

Affronter son nouveau visage

Affronter son nouveau visage

Une image vaut milles mots

Une image vaut milles mots

Combattante

Combattante

Et voici quelques extraits de quelques-un de ses articles. Certains m'ont touché parce qu'elle écrit justement ce que je n'ai pas eu la délicatesse d'écrire. Pourtant Dieu sait que je me retrouve dans ses mots.

Si l’aveugle développe une ouïe fine, la maladie m’opprime le corps autant qu’elle exalte mes pensées. Elle révèle des coins de mon âme dont j’ignorais l’existence. Elle ressuscite des amitiés effacées par le temps, soigne les coeurs en colère. Elle me détruit et me renforce à la fois.

ll faut avoir un chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.

Ce concentré de vie, à quelques mètres de moi, m’est interdit.

Mon lit, mes draps se recouvrent de cheveux. On m’a prévenue. Mais les sentir pour de vrai tomber dans mes mains, c’est autre chose.

Cancerland porte bien son nom. Tout le monde ici a le cancer. Je fais maintenant partie de cette étrange communauté que je n’ai pas choisie. À cet instant, certains guérissent et d’autres meurent entre ces murs immaculés.

Depuis mon retour à la maison, j’hiberne. J’attends que mon corps me revienne. Mon esprit s’évade. Je pense à mes voyages, à mes boulots, aux paysages, aux hommes que j’ai aimés. Je me sens comme une vieille dame nostalgique.

Je suis trop faible pour mener de grandes conversations et je ne réussis pas toujours à m’empêcher de me plaindre. Pourtant, il passe toutes ses journées avec moi et semble même apprécier ma compagnie. Je chérissais notre amitié, elle est devenue incassable.

Les jours qui suivent la chim’ sont difficiles. Chaque petit plaisir est un privilège.
Une bise fraîche qui soulève mes cheveux, une mousse au chocolat goûteuse, une scène anodine en bas de ma fenêtre… Chacun de ces bonheurs miniatures a son importance.

Pour la première fois depuis des millénaires, je sors.

J’ai savamment plaqué mes cheveux, mis du noir sur mes yeux et une belle robe. On n’y voit que du feu. Je n’ai pas l’air malade. Ce soir, je ne serai pas malade.
Mes amis ont dû lire dans mes pensées, car aucun d’entre eux ne fait allusion à ma « condition ». On rit bruyamment, on danse, on boit quelques verres, la soirée est délicieusement normale.
Hop, un shot offert par le brésilien derrière le bar.
« Marine, t’as le droit ? » Je regarde ma copine d’enfance dans les yeux. « Tu sais quoi? J’emmerde le cancer ! »

Et je commande une caïpirinha.

Je me déhanche au milieu de tout le monde, je suis tout le monde. Ça me fait un bien fou. Rihanna me chante à cent décibels : « Tomorrow’s way too far away … ‘cause all we got is right now … » * Et j’y crois dur comme fer.

Alors que la nuit se consume et se consomme, que les yeux glissent sur moi sans voir la vérité qui me dévore, celle-ci revient comme un boomerang et me heurte de plein fouet. La tristesse inonde mon coeur et mon visage. Je suppose que la réalité ne se laisse pas fuir aussi facilement.

« Et si je reprenais les études ? Pourquoi ne pas me remettre au piano ? Je sais ! Je vais préparer un nouveau voyage ! Ou bien faire du bénévolat ? » …

Je suis comme un enfant émerveillé par sa propre vitalité et ses infinies possibilités.

La chim’ approche à grand pas mais je ne veux pas y penser. Je veux savourer ces moments de répit et d’insouciance.

Que c’est bon d’être vivant.

Dans le lit on naît, dans le lit on meurt

Dans le lit on rêve, on mène son autre vie

 

On y fait parfois des erreurs

On y fait des enfants, dans le lit

 

En hiver on regrette sa chaleur

Des nuits entières, on y réfléchit

 

Le monstre en-dessous nous faisait peur

Et le lit connaît tous les secrets interdits

 

À deux on y aime, tout seul on y pleure

Ou bien on y attend d’être guéri

 

Moi, durant d’interminables heures

J’attends que le cancer m’oublie.

Je pense à tous ces gens dans le monde dont le corps fonctionne mais qui ne parviennent pas à trouver le bonheur.

Ont-ils le droit d’être malheureux ? Et moi ? Ai-je le droit de ressentir de la tristesse ? du désespoir ? Après tout, il y a des gens qui souffrent beaucoup plus que moi. Certains perdent un enfant, d’autres naissent avec un handicap, certains ne parviennent pas à soigner leur cancer. Pouvons-nous vraiment nous plaindre alors qu’il y a toujours pire ?

On vit pour le bonheur. Mais trop de gens le cherchent là où il n’est pas, comme on chercherait des étoiles sous la terre. On pense l’atteindre grâce à un compte en banque bien garni, des achats compulsifs, des booty calls ou un shoot d’héroïne. Il est pourtant à portée de main, dans un sourire complice, une action spontanée, une musique que l’on aime. Il suffit seulement d’arrêter de creuser la terre et de lever les yeux.

Je n’ai peut-être pas le pouvoir d’empêcher les événements ni de remonter le temps. Mais je peux tirer le meilleur de chaque situation et transformer le crottin en fumier fertile, porteur de nouvelles pousses.

J’arborerai mon crâne rasé avec audace, mes cicatrices avec fierté et mes limites seront celles que j’ai choisies.

« La vie, c’est comme une boîte de nuit. Quelle que soit la musique, ne t’arrête pas de danser. » (Jump the broome)

Lors de tous mes voyages, je me suis découverte un peu plus. Pourtant, le voyage qui m’a emmenée au coeur de moi-même est délimité par les bords de mon lit : le cancer.

16H10: Les gens heureux sont beaux. Bien plus que les gens jolis. Et moi d’ailleurs, est-ce que je suis heureuse ?

18H50: La fille en face de moi dans le bus porte une perruque ! On ne me la fait pas à moi, j’en connais un rayon ! Je t’ai grillée, meuf ! J’ai envie de lui faire un petit clin d’oeil complice qui veut dire « je connais ton secret » mais je sais pas comment elle le prendrait.

23H41: J’suis trop fatiguée pour dormir. Trop fatiguée pour regarder un film, pour lire un livre, pour réfléchir à des trucs. Respirer, ça va je peux gérer. C’est déjà pas mal.

 

http://kiss-of-a-hurricane.com/les-combattants-de-lombre/

Le cancer, c’est grave dur.

 

Mais je dirais que le plus difficile de tout, ce ne sont pas les opérations, pas les piqûres, pas la déprime, ni même les chimios. C’est le poids chargé sur les épaules des proches.

Je suis désolée d’avoir pris vos sourires et gâché vos vies. En plus, personne ne pense vraiment à vous. Le monde entier croit que seul le malade est fatigué. C’est faux.

Vous êtes vous aussi des combattants. Des combattants de l’ombre.

Le cancer mange nos organes mais aussi vos vies. Pardon.

Enfin, tous ces gens qui prient, qui pensent à moi, qui me couvrent d’attention. Vous tous qui cherchez pendant de longues minutes les mots justes pour exprimer votre soutien. L’Homme est fondamentalement bon, je le vois aujourd’hui.

Je me sens plus vivante qu’un bébé le jour de sa naissance.

http://kiss-of-a-hurricane.com/merci/

Vos paroles ont éclairé mes journées les plus sombres.

Merci à vous, mes héros du quotidien. Merci pour votre attention, merci pour vos prières, merci pour tout cet amour.

http://kiss-of-a-hurricane.com/le-fond/

Mon corps n’est pas idiot. Il a très bien compris où je l’emmène ce matin.

http://kiss-of-a-hurricane.com/15-trucs-qui-aident-quand-on-a-un-cancer/

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article