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Santé #4 : Chimio Round 2

Chimio BEP - Cycle 2

Mes cheveux sont tombés il y a quelques jours (cela a commencé le 9 avril, soit 15 jours après ma première chimio). Ce n'était pas une étape facile. On pèse dans notre main cette masse de cheveux que l'on aimait tant. Pourtant j'avais été prévenue.

Le 11 avril, je décide d'aller chez le coiffeur pour tout enlever, je ne supporte plus de voir mes cheveux traîner partout. Je m'entête à passer ma main dans les cheveux, inlassablement. Je me dis que cela va s'arrêter. Hélas non..

Mais la coiffeuse et ma maman me conseillent de plutôt tenter une coupe courte et d'attendre encore quelques jours. Je réalise que les femmes qui ont des coupes courtes sont très rocknroll et ça change un peu des cheveux longs. Mais, je préfère quand même mes cheveux longs.

Juste après cette séance de coiffeur, je suis prête à rentrer dans un magasin de perruque. Je n'étais pas prête psychologiquement auparavant. Je me décide à essayer différentes perruques, puis quelques turbans, foulards. Finalement, je choisis une perruque qui ressemble un peu à l'ancienne Fanny. Je vous laisse deviner laquelle j'ai pris.

Dans cette même semaine, je fais une petite séance d'hypnose thérapeutique pour me détendre et apprendre à m'évader pendant mes prochaines séances de chimio. Mes cheveux continuent à tomber en masse. Je n'en peux plus. Je ne supporte plus ça.

Voilà que j'apprends que je n'ai plus beaucoup de globules blancs. Je suis interdite de sortie, d'aller dans des endroits publics, je suis dans ce que l'on appelle "la zone à risque" où mon corps va avoir beaucoup de difficultés à lutter contre une quelconque maladie.

Et mes cheveux, même avec ma coupe courte, ça continue encore et toujours à tomber... Le vendredi 14 avril, j'appelle ma coiffeuse pour qu'elle vienne à domicile pour me tondre tout le crâne. Je ne me reconnais pas, je n'accepte pas. L'impression que mon corps me lâche, mes globules blancs baissent, mes cheveux tombent, je me sens de plus en plus faible. Je veux que ça s'arrête.

Je repense à la remarque de mon oncologue le premier jour de ma chimio :

" Vous avez une pathologique atypique mademoiselle, on sait pas si la chimio marchera, on verra bien avec le temps"

PUTINDEBORDELDEMERDE.

INJECTION 8/21 : Mardi 18 avril 2017 

Je suis venue accompagnée de ma maman, un peu angoissée pour ce deuxième cycle. Le lundi étant un jour férié, les patients de la veille étaient aussi déplacés. L'attente fût longue, très longue.

La salle d'attente était remplie. Je ne vois toujours personne de mon âge. Armée de patience, le temps défile, je me laisse porter par la musique dans mes écouteurs.

Et puis miracle, moi qui avait rdv pour 11h, me voilà installée pour débuter mon traitement à 12h30. Mon corps se met à trembler dans tous les sens alors que le traitement n'a pas encore commencé. La crise se calme petit à petit.

Comme d'habitude, je vois plusieurs femmes défiler dans ma chambre pour leur chimio, la mienne dure plus longtemps que la leur.

Je rencontre donc ma seconde collègue de chambre qui se nomme Brigitte. Elle a un cancer du sein et 56 ans. Elle est un peu angoissée car elle a une injection d'un tout nouveau médicament, elle a peur des effets secondaires. Nous parlons un peu et rigolons.

Elle m'apprend que dans son cas, elle a eu le droit à des réunions de partage, un certain suivi, des séances de relaxation proposées etc.. Pourquoi personne n'est encore venu me proposer son aide ? Ma maman s'empresse de contacter un service de l'hôpital et voilà que j'ai la visite d'une nutritionniste et d'un sophrologue.

Ma machine à perfusion buggue, le temps passe, j'ai l'impression que la journée ne va jamais se terminer. Je suis un peu assommée lors du trajet retour Nice/Cannes. Ma ptite maman aussi. Mon corps ne se languissait pas de se faire injecter de nouveau ces produits qui détruisent à la fois les bonnes et les mauvaises cellules.

INJECTION 9/21 : Mercredi 19 avril 2017

Aujourd'hui c'est Renaud qui m'accompagne (le chéri de ma maman depuis 8 ans, je l'aime beaucoup). Je me réveille à 6h du matin car aujourd'hui j'ai un rdv à 8h30 à l'hôpital pour faire un audiogramme. Il s'avère que la cisplatine (l'un des médicament qu'on m'injecte relativement beaucoup) abîme mon audition, plus particulièrement mes tympans.

De l'attente, encore et encore. L'examen se passe bien et mes tympans vont bien.(Chouette)

Aujourd'hui j'ai une chambre seule, l'une des infirmières qui est comme une amie pour moi, me fait passer devant quelques personnes. J'ai eu le droit à une séance de sophrologie et une psychologue supermégatop a écouté avec une oreille attentive ce qui me tenait à coeur.

INJECTION 10/21 : Jeudi 20 avril 2017

Aujourd'hui c'est Stéphane mon grand frère qui m'accompagne. J'ai une nouvelle fois cette crise de tremblements, j'ai froid, je suis fatiguée, mon corps s'affaiblit. Je veux que ça s'arrête. L'interne de garde me dit que je suis en carence de Phosphore et me prescrit un médicament spécifique (qui est dégueulasse sachez le) pour remédier à cela. Le retour en taxi est long, les trajets en voiture me fatiguent beaucoup malgré tout matin et soir. Mais c'est moi qui l'ai voulu ainsi, impossible de rester 5 jours d'affilé à l'hôpital, je ne survivrai pas psychologiquement.

 

 

INJECTION 11/21 : Vendredi 21 avril 2017

Aujourd'hui c'est ma ptite marraine qui m'accompagne. Elle m'a offert le super bouquin que je languissais de lire "Le baiser de l'ouragan", je commence déjà à le dévorer.  C'est fou comme tous les matins, il faut attendre un temps infini pour qu'une chambre se libère. Ma collègue de chambre fait que râler mais elle dit quelque chose d'assez vrai : " IL FAUT CONSTAMMENT SURVEILLER CE QU'ON NOUS INJECTE ".

Je m'explique.

Parmi les péripéties de l'hôpital du jour, comme arriver et qu'on me dise que mes médicaments sont pas là. Il arrive que les infirmières découvrent mon protocole ou ne comprennent pas la feuille où sont exposés mes injections. "Au bas mince on est à J5 pas J1", "Oops j'ai oublié de vous donner l'anti-nausée", "Oops vous avez pris une double dose de cortisone, non mais enfaite c'est parce que l'interne de garde ne dit pas tout aux infirmières".

Le retour en taxi est encore une fois super long, je me sens vraiment pas bien. J'arrive à la maison, je vomis toutes mes tripes.

INJECTION 12/21 : Samedi 22 avril 2017

Aujourd'hui c'est avec ma maman que je finis cette grosse semaine. Cette fois-ci me voilà dans un autre bâtiment. Je suis la seule à faire une chimio. Pas de chambre disponible.

Me voilà en train de débuter ma chimio dans la salle d'attente, en position foetale, j'en est assez. Finalement au bout de deux heures, une chambre se libère. Enfin. J'en profite pour me reposer un peu.

J'apprends avec la prise de sang qu'on me fait qu'en fait je ne suis pas en carence de phosphore et que ce médicament dégueulasse que je devais prendre pendant 10 jours n'a aucune raison d'être.  FUCK

Arrivée chez moi, je me remets à vomir mes tripes. C'est GE-NI-AL.

Le lendemain, je me suis quand même motivée pour aller voter. Je ne veux pas mettre de perruque. J'assume mon visage, mon crâne presque chauve. Je ne suis plus l'ancienne Fanny. Quelque chose a changé.

INJECTION 13/21 : Mardi 25 avril 2017

Aujourd'hui c'est Cathy qui m'accompagne. Elle découvre comment se passe une chimiothérapie. Je la trouve géniale, toujours positive, habillée tout en bleue, elle me parle, me raconte des histoires. Mais je m'en veux parce que j'ai l'impression que mon corps n'est pas totalement là. Mon médecin me demande comment je vais. Je lui demande s'il y a possibilité de baisser le traitement de la chimio. J'ai l'impression de mourir à petit feu.

Nous attendons 1h45 avant qu'une chambre se libère. J'ai l'impression de ne pas ressentir mon corps. Que mon esprit est ailleurs. Je me sens faible. Je me suis pesée ce matin. 51kg. Dire que le premier jour de la chimio j'en faisais 56kg. Je suis fatiguée.

Notre taxi met 1h30 à arriver, je m'allonge dans la salle d'attente, dans une chambre random. Je rentre à la maison et encore une fois, vomis mes tripes. Mon corps est exténué, fatigué.

Je veux que ça s'arrête. La nuit qui s'en suit est terriblement longue. Je vomis mes tripes jusqu'à arriver au stade où il n'y a même plus de bile à vomir. L'impression que mon corps me quitte petit à petit.

 

INJECTION 14/21 : Mardi 2 mai 2017

J'ai eu quelques jours de repos qui m'ont fait beaucoup de bien. Mon chéri est venu me voir vendredi et puis il est reparti le lundi soir. Je suis retournée dans l'appart à Nice, organiser mon anniversaire à la dernière minute et mes supers copains niçois, mon coloc et mon chéri ont fêté ça dignement. Pendant quelques heures, j'étais ailleurs. J'avais presque oublié que j'étais en chimio. Mais ça m'est quand même vite retourné à la figure lorsque j'ai réalisé en me promenant dehors avec mon chéri que j'étais beaucoup plus facilement fatiguée. Mon pansement du picc line commence à partir, il faut vite le changer.

Ce matin du 2 mai, c'est donc mon anniversaire, aujourd'hui j'ai 20 ans. Mon corps sait où je l'emmène mais je prends cela avec le sourire. Mon nez a saigné et puis j'ai attrapé une angine. L'attente pour débuter mon traitement à l'hôpital est longue mais bon, mon traitement lui va plus vite que d'habitude, je rentre relativement vite de l'hôpital.

Ce n'est qu'à mon retour à la maison que les choses s'accélèrent et que je décide à nouveau de revomir tous mes tripes, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Jusqu'à ne plus sentir ma trachée, le goût. La nuit je me réveille à nouveau par ces nausées. Vivement demain ! J'ai ce goût amer dans la bouche c'est exécrable.

Les jours passent et j'écris cette mise à jour de mon carnet de bord le jeudi 4 mai. Aujourd'hui je vais mieux, je remange et je n'ai plus de nausées. Voilà, j'ai fait 2/3 du chemin. Je suis fière de moi. Bientôt la fin. Vivement la fin. J'aime la vie. Aujourd'hui je suis allée me promener dans la rue d'Antibes, j'aime les gens qui sourient, qui parlent, qui vivent, qui mangent. Odeur de pizza. Nous allons manger une paella. Quelle merveilleuse journée

Santé #4 : Chimio Round 2

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Martine 29/04/2017 09:40

Ouah.....quel beau crâne ! Je suis un peu jalouse :-)
Le probleme des perruques c'est le coût, sinon tu te rends compte, on peut changer de têtes tous les jours, une foir court après long, brune rousse blonde ... à en faire pâlir toutes les filles.
Pour la couleur des bassines, j'avoue que tu mets la barre trop haut.
Fany, toute cette dérision car il est difficile de choisir des mots. Je crois que le temps efface les moments difficiles de notre memoire mais les miens ont été moins pénibles. Je me souviens néanmoins que plus je me rapprochais de la fin du traitement, plus mon moral reprenait des couleurs.
Tiens bon ma belle . Je t'embrasse bien fort
Martine